Burn-out en entreprise – Article par Christelle CHOLLET, Psychologue destiné aux dirigeant(e)s, DRH et managers.
Temps de lecture : 8 minutes.
Dans beaucoup d’entreprises, la prévention du burn-out arrive dans le même tiroir que « la plante verte de l’open space » : agréable, mais pas prioritaire. 🪴 Jusqu’au jour où deux collaborateurs clés s’arrêtent le même mois, où le planning explose et où la question n’est plus « a-t-on le budget ? » mais « comment a-t-on pu ne rien voir venir ? ».
Bonne nouvelle : le burn-out n’est pas une fatalité, et il se prévient. Mieux : ne pas le prévenir coûte presque toujours plus cher que d’agir. Voyons pourquoi, chiffres à l’appui, et surtout comment intégrer la prévention du burn-out à votre démarche de qualité de vie au travail (QVT).
📊 Coût du burn-out en entreprise : ce que disent les chiffres
Commençons par les chiffres, parce qu’en entreprise, ils parlent plus que les bonnes intentions.
- 📈 Absentéisme : 4,3 % en 2025 dans le secteur privé, soit une hausse d’environ 25 % par rapport à 2019 (baromètre Malakoff Humanis).
- 💶 Le coût moyen de l’absentéisme est estimé à environ 4 000 € par salarié et par an (estimation reprise à partir du baromètre Malakoff Humanis).
- 🧑💼 53 % des managers ont eu au moins un arrêt de travail en 2025 : ceux qui portent l’équipe ne sont pas épargnés.
- 😮 Le paradoxe : 63 % des entreprises se disent préoccupées par l’absentéisme, mais 55 % n’ont déployé aucune action concrète.
- 🧠 Côté salariés (baromètre Empreinte Humaine / Ipsos BVA, juin 2026) : 50 % présentent au moins un signe de détresse psychologique, 32 % sont à risque de burn-out dont 11 % à risque sévère, soit deux fois plus qu’avant le Covid.
- 🚪 Et le turnover ? Dans le baromètre Teale 2024, 30 % des salariés avaient envisagé de quitter leur entreprise pour protéger leur santé mentale.
À noter : ces baromètres reposent sur des enquêtes déclaratives et leurs méthodes varient d’un institut à l’autre. Retenez les ordres de grandeur et la tendance, plutôt qu’un chiffre isolé.
Absentéisme, remplacement, désorganisation, perte de compétences, tension sur les collègues qui « compensent »… Le burn-out est rarement un problème individuel : c’est un problème d’équipe et d’organisation.
⚖️ 1. Ce que dit la loi : l’obligation de l’employeur en santé mentale
Ce n’est pas une option « bien-être » : c’est une obligation. L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Concrètement :
- ✅ Évaluer les risques, y compris psychosociaux (RPS), et les consigner dans le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels), obligatoire dès le premier salarié et à mettre à jour régulièrement.
- ✅ Agir sur les causes (organisation, charge de travail, relations de travail), et pas seulement sur les conséquences.
- ✅ Informer et former les équipes (articles L4121-1 à L4121-5).
Depuis la loi du 2 août 2021 sur la santé au travail, la place du DUERP et le rôle du CSE dans son élaboration ont été renforcés. Et l’INRS rappelle que la responsabilité pénale de l’employeur peut être engagée. La jurisprudence est exigeante : il ne suffit pas de dire que des mesures existent, il faut pouvoir montrer qu’elles ont été réellement mises en œuvre.
Ces informations sont données à titre général et ne constituent pas un conseil juridique. Pour votre situation, rapprochez-vous de votre service de prévention et de santé au travail ou d’un avocat.
👀 2. Signaux d’alerte du burn-out : ceux que les managers ratent
L’OMS définit le burn-out (CIM-11, 2019) comme un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès. Elle précise que c’est un « phénomène lié au travail », et non une maladie. Trois dimensions le caractérisent, dans la lignée des travaux de la psychologue Christina Maslach :
- 🔋 L’épuisement : un manque d’énergie qui ne se répare pas avec un week-end.
- 🧊 Le retrait ou le cynisme envers son travail.
- 📉 La baisse d’efficacité et le sentiment de ne plus y arriver.
Le problème, c’est que ces signes sont silencieux ou trompeurs. Voici ceux que nous rencontrons le plus souvent en accompagnement :
- 🌙 La sur-présence : mails à 23 h, week-ends connectés. Ce n’est pas toujours de l’engagement, c’est parfois un signal d’alerte.
- 😶 Le collaborateur « fiable » qui s’éteint : il ne propose plus d’idées, ne participe plus, répond par monosyllabes.
- 😤 L’irritabilité nouvelle, l’ironie qui devient amère, les petites tensions qui s’enchaînent.
- 🤒 Les arrêts courts répétés, les maux de dos, de ventre, de tête « sans cause ».
- 🧩 Les erreurs inhabituelles chez quelqu’un de rigoureux.
- 🚶 L’isolement : il ne déjeune plus avec l’équipe, ne vient plus aux moments informels.
Et un chiffre qui fait réfléchir : moins de 4 salariés sur 10 disent recevoir spontanément des remerciements ou des retours sur leur travail (Empreinte Humaine / Ipsos BVA, 2026). La reconnaissance est l’un des leviers les plus simples… et les plus oubliés. 🙏
💡 Tip pratique pour les managers : instaurez un « point humain » de 10 minutes, une fois par mois, avec chaque membre de l’équipe. Comment ? Posez trois questions : « Qu’est-ce qui te donne de l’énergie en ce moment ? Qu’est-ce qui t’en prend ? De quoi aurais-tu besoin ? » Pourquoi ça marche ? Parce que les gens parlent quand on leur ouvre un espace régulier et sans enjeu, pas quand ça va déjà mal.
🤝 3. Prévention du burn-out et QVT : par où commencer ?
Il n’existe pas de solution toute faite pour prévenir l’épuisement professionnel. Une même demande, par exemple « un atelier sur le stress pour toute l’équipe », peut cacher des besoins très différents : des managers qui ne savent plus quoi dire, une charge de travail qui déborde, des tensions qui s’installent, ou simplement un sujet dont personne n’ose parler.
C’est pourquoi le Cabinet RENAI’Sens commence par comprendre avant de proposer. 🌱
🔎 Ce qui peut être regardé ensemble
- Ce qui se passe concrètement dans l’entreprise : les situations observées, les difficultés qui reviennent, ce qui a déjà été essayé.
- Les personnes concernées : une équipe, des managers, l’ensemble des salarié(e)s.
- Les contraintes réelles : horaires, calendrier, budget, organisation du travail.
- Le changement que vous souhaitez voir, même petit.
🧩 Selon les besoins, plusieurs pistes peuvent être envisagées
- Une sensibilisation pour poser des repères communs et parler plus librement du sujet.
- Des ateliers pour expérimenter des outils simples, en lien avec les situations de travail.
- Des temps dédiés aux managers pour repérer les signaux faibles et savoir comment réagir.
- Un espace d’écoute confidentiel, avec un cadre clair et écrit à l’avance.
💡 Certains sujets, comme la charge de travail ou l’organisation, relèvent aussi d’autres acteurs (direction, CSE, santé au travail). Renaisens vous le dira franchement, plutôt que de proposer une action qui ne répondrait pas au vrai problème.
🧍 Et pour les personnes en difficulté ?
Un accompagnement individuel confidentiel reste possible pour les personnes accompagnées en souffrance au travail, en prévention comme face à une situation installée.
🗣️ Et si l’on faisait le point ?
Vous vous demandez quelle action serait la plus utile pour votre structure ? Le Cabinet RENAI’Sens peut échanger avec vous pour faire le point sur votre situation et décider ensemble de l’intervention la mieux adaptée, ou de ne pas intervenir si ce n’est pas le bon moment. Un premier contact, sans engagement, permet simplement d’y voir plus clair. ✨
👉 Le détail de nos formats d’intervention.
💰 4. ROI de la prévention du burn-out : comment le raisonner ?
Soyons honnêtes : le retour sur investissement de la prévention du burn-out est difficile à chiffrer au centime près, parce que le bénéfice est un « événement qui n’a pas eu lieu » (un arrêt long évité, un départ évité). Mais on peut le raisonner avec des repères sérieux :
- 🌍 L’étude pilotée par l’OMS et publiée dans The Lancet Psychiatry (2016) estime que 1 dollar investi dans le traitement de la dépression et de l’anxiété rapporte 4 dollars en meilleure santé et capacité de travail. Précision importante : cette étude porte sur la prise en charge à grande échelle, pas sur des programmes en entreprise ; elle montre néanmoins que la santé mentale est un poste où l’investissement est rentable.
- 🧮 Faites votre propre calcul, à titre d’illustration : avec l’estimation de 4 000 € par salarié et par an, une entreprise de 50 salariés supporte environ 200 000 € par an de coût d’absentéisme (50 × 4 000 €). Quelques jours d’arrêts évités, un départ de collaborateur clé évité (recrutement, formation, perte de savoir-faire) : l’équation change vite.
- 📋 Mesurez avant/après : taux d’absentéisme, turnover, baromètre interne de climat social, nombre de situations signalées. Sans indicateurs, on ne voit pas les progrès.
Un conseil de psychologue : commencez petit, mais commencez. Un diagnostic, une formation managers, un atelier : c’est souvent là que tout démarre.
💬 5. Témoignage : ce que cela change sur le terrain
Témoignage composite et anonymisé, construit à partir de situations rencontrées en accompagnement ; les éléments permettant d’identifier une entreprise ont été modifiés.
« On pensait avoir un problème de motivation. En réalité, on avait un problème de reconnaissance et de communication. Entre deux pics d’activité, plusieurs personnes étaient à bout et personne ne le disait. »
« Après la formation des managers et l’atelier sur les forces de caractère, le ton des réunions a changé. On a découvert des talents qu’on ne voyait plus, et les managers osent maintenant demander : « Et toi, comment ça va, vraiment ? » Ça n’a pas fait disparaître toutes les difficultés, mais on les voit venir plus tôt, et on en parle avant qu’elles ne deviennent des arrêts. » Hélène*, DRH d’une PME de services d’une soixantaine de salarié(e)s
*Prénom d’emprunt.
🌿 Et maintenant, par où commencer ?
Si vous ne deviez retenir que trois actions :
- ✅ Vérifiez votre DUERP : les risques psychosociaux y figurent-ils, et est-il à jour ?
- ✅ Formez vos managers à repérer les signaux faibles : ils sont en première ligne.
- ✅ Créez des rituels de dialogue et de reconnaissance dans vos équipes.
❓ Questions fréquentes sur le burn-out en entreprise
Combien coûte le burn-out à une entreprise ?
Il n’existe pas de chiffre unique pour le seul burn-out. Pour l’absentéisme, toutes causes confondues, l’estimation moyenne citée à partir du baromètre Malakoff Humanis est d’environ 4 000 € par salarié et par an, soit près de 200 000 € pour 50 salariés. À cela s’ajoutent le remplacement, la désorganisation et le turnover, plus difficiles à chiffrer.
L’employeur est-il responsable en cas de burn-out ?
L’employeur a une obligation générale de sécurité (article L4121-1 du Code du travail) qui couvre la santé mentale. Sa responsabilité peut être engagée s’il ne démontre pas avoir évalué et prévenu les risques, y compris psychosociaux. Chaque situation dépend des faits : rapprochez-vous d’un conseil juridique.
Comment repérer un burn-out chez un collaborateur ?
L’OMS retient trois dimensions : l’épuisement, le retrait ou le cynisme envers le travail, et la baisse d’efficacité. Au quotidien, cela peut se voir par de la sur-présence, une irritabilité nouvelle, des erreurs inhabituelles, des arrêts courts répétés ou un isolement. En cas de doute, entamez la conversation et orientez vers le médecin du travail.
Vous vous demandez où en est votre organisation, ou quelle première action serait la plus pertinente pour vos équipes ? Nous serons ravi(e)s d’en échanger avec vous, sans engagement.
🧍 Et si vous êtes salarié(e) ?
Pas besoin d’attendre que votre entreprise passe à l’action. Si vous vous reconnaissez dans cet article (épuisement, perte de sens, tensions avec votre manager ou vos collègues, envie de tout plaquer…), vous pouvez nous contacter directement, à titre personnel. L’accompagnement est confidentiel, à distance partout en France ou bien en cabinet à Houilles (78) et à La Madeleine-de-Nonancourt (27).
- 💬 Faire le point sur votre situation et identifier ce qui est dépendant de vous.
- 🧭 Repérer les signaux d’alerte avant l’arrêt.
- 🌱 Préparer un changement : dialogue avec votre manager, repositionnement ou reconversion.
👉 Demander un premier échange sans engagement
Si vous êtes en situation de détresse importante, parlez-en sans attendre à votre médecin traitant ou au médecin du travail. En cas d’urgence, appelez le 15 ou le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24 h/24).
Cet article est fourni à titre d’information et ne remplace ni un avis médical, ni un conseil juridique.
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📚 Bibliographie
- CHISHOLM Dan, SWEENY Kim, SHEEHAN Peter et al. – Scaling-up treatment of depression and anxiety: a global return on investment analysis – The Lancet Psychiatry, 3(5), 2016.
- EMPREINTE HUMAINE / IPSOS BVA – Baromètre de la santé mentale au travail – Empreinte Humaine, juin 2026.
- FRANCE – Code du travail, articles L4121-1 à L4121-5 ; loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail – Légifrance.
- INRS – Risques psychosociaux : réglementation – Institut national de recherche et de sécurité, en ligne (consulté en octobre 2026).
- MALAKOFF HUMANIS – Baromètre annuel Absentéisme, 10e édition – Malakoff Humanis, 2025-2026.
- MASLACH Christina, JACKSON Susan E., LEITER Michael P. – Maslach Burnout Inventory Manual (3e éd.) – Consulting Psychologists Press, 1996.
- ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ (OMS) – Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11) : burn-out, phénomène lié au travail – OMS, 2019.
- PETERSON Christopher, SELIGMAN Martin E. P. – Character Strengths and Virtues: A Handbook and Classification – Oxford University Press, 2004.
- SCHUTTE Nicola S., MALOUFF John M. – The impact of signature character strengths interventions: a meta-analysis – Journal of Happiness Studies, 20(4), 2019.
- TEALE – Baromètre de la santé mentale des salariés 2024 – Teale, 2024 (cité par APICIL).
Pourquoi choisir le Cabinet RENAI’Sens ?

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Christelle CHOLLET - Psychologue clinicienne & Psychothérapeute - A Houilles et à distance - Cabinet RENAI'Sens
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