Souffrance au travail – Article du 09 septembre 2026 – Christelle CHOLLET, psychologue et fondatrice du Cabinet RENAI’Sens
🌤️ Et si cette rentrée était celle du changement ?
Vous avez posé vos affaires de vacances dimanche soir. Lundi matin, en ouvrant votre boîte mail, vous avez senti ce petit poids revenir se coller au creux du ventre. Vous vous êtes peut-être même dit : « Attends, je reviens juste de trois semaines de congés, je ne devrais pas me sentir comme ça. » 😮💨
Je vous rassure sur un point. Vous n’êtes pas en train de faire un caprice et vous n’êtes pas seul(e). J’entends cette phrase chaque année, début septembre, dans mon cabinet. Cela reflète une souffrance au travail que nous allons explorer. Une patiente me l’a dit au moment de la rentrée : je culpabilise d’être fatiguée malgré trois semaines de repos. Il n’y a pourtant rien d’illogique là-dedans, et nous démêlerons cela dans cet article.
Parce que ce que vous vivez n’est peut-être pas un manque de repos. C’est peut-être le signal, enfin audible, que quelque chose dans votre rapport au travail a besoin d’être regardé en face. Et la bonne nouvelle — la vraie —, c’est que la rentrée est statistiquement le moment où l’on ose enfin s’occuper de soi. Autant en faire quelque chose d’utile plutôt que de la subir une année de plus. ✨
1️⃣ Reconnaître la souffrance au travail (vs la fatigue normale)
Commençons par une distinction simple, mais qui change tout :
- 🔋 La fatigue normale se répare avec du sommeil, un week-end tranquille, quelques jours de coupure.
- 🚨 La souffrance au travail, elle, résiste aux vacances. Pire : c’est souvent pendant qu’on se repose qu’elle finit par se faire sentir pour de bon, parce qu’on arrête enfin de courir et que le corps en profite pour envoyer la facture.
📊 Les chiffres parlent :
- 34 % des salariés français seraient en situation de burn-out, dont 13 % en burn-out sévère — soit environ 2,5 millions de personnes (Empreinte Humaine & OpinionWay, 2022)
- 19 % des salariés signalent aujourd’hui un mal-être au travail, contre 12 % avant 2020 — soit presque +60 % en cinq ans (Malakoff Humanis, 2026)
Autant dire que si vous vous reconnaissez dans ces lignes, vous êtes dans une salle d’attente… bien remplie. 🙂
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) définit le burn-out comme un ensemble de réactions consécutives à un stress professionnel chronique, dans lequel la dimension de l’engagement personnel est centrale (INRS, 2024). J’aime beaucoup cette définition, parce qu’elle casse une idée reçue tenace : on ne s’épuise pas parce qu’on travaille « mal » ou qu’on n’est « pas assez organisé(e) » 🙅. On s’épuise souvent parce qu’on s’investit trop, dans un cadre qui ne protège pas suffisamment cet investissement. Ce sont souvent les plus consciencieux, les plus engagés, qui trinquent en premier.
🔎 Les signaux à surveiller dès la reprise :
- 😴 Une fatigue qui ne passe pas malgré le repos, y compris après un long week-end.
- 😑 Une irritabilité ou une indifférence nouvelle envers des collègues que vous appréciiez sincèrement il y a encore un an.
- 🧠 Des trous, des oublis, une difficulté à vous concentrer sur une tâche pourtant simple.
- 📉 Le sentiment tenace que rien de ce que vous faites n’est « assez bien », même quand les retours sont positifs.
- 😞 L’appréhension physique du dimanche soir — le fameux « blues dominical » — chaque semaine, sans exception.
- 🤕 Des symptômes physiques récurrents (maux de tête, tensions dans la nuque, troubles digestifs) sans cause médicale identifiée.
👉 Un ou deux de ces signaux, ponctuellement : c’est humain, tout à fait normal après une période chargée. Plusieurs, qui s’installent semaine après semaine : c’est un signal d’alarme à prendre au sérieux, pas à « attendre de voir ».
2️⃣ Ce que vivent le corps et l’esprit… en silence 🤐
C’est ça, le piège du burn-out : il ne crie pas, il chuchote. Longtemps. Et c’est souvent le corps qui parle en premier, bien avant que l’esprit n’accepte de poser des mots dessus.
💡 Exemple concret : j’ai accompagné il y a quelques mois un cadre commercial qui consultait initialement… pour des migraines à répétition, sur les conseils de son médecin traitant qui, après avoir écarté toute cause organique, avait fini par lui demander : « Et au travail, comment ça se passe ? » Il a fallu deux séances pour qu’il fasse le lien entre ses migraines du dimanche soir 🤕 et une charge de travail devenue intenable depuis un an. Ce n’est pas une exception : beaucoup de personnes que j’accompagne consultent d’abord leur généraliste pour des symptômes physiques, avant de faire le lien avec leur environnement professionnel.
L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs classé le burn-out, dans la CIM-11, comme un phénomène lié au travail — et non comme une maladie à proprement parler (OMS, 2019). Ce qui veut dire une chose essentielle, que je répète souvent en séance :
🫶 Ce n’est pas vous qui êtes défaillant(e). C’est votre environnement de travail qui a dépassé ce que vous pouviez raisonnablement absorber.
Sur le plan émotionnel, l’épuisement s’accompagne fréquemment de :
- 🧊 Un cynisme protecteur — on se détache pour ne plus souffrir, on devient plus distant(e), plus sec/sèche avec des collègues ou des clients.
- 📉 Une perte du sentiment d’efficacité personnelle.
Ce sont, avec l’épuisement émotionnel, les trois piliers historiques du burn-out identifiés par la psychologue Christina Maslach dès les années 1980 (Maslach & Jackson, 1981). Ces trois dimensions ne surviennent pas forcément ensemble ni au même rythme, ce qui explique pourquoi le burn-out est parfois difficile à repérer de l’extérieur — y compris par vos proches. 👀
Il y a aussi une autre couche, souvent invisible, qui s’ajoute dès les derniers jours de vacances : l’anxiété d’anticipation. C’est ce mécanisme par lequel le cerveau se met à souffrir avant même que la situation redoutée n’arrive — dès que vous pensez à la reprise, il active les mêmes circuits que face à une menace bien réelle 🧠.
Concrètement, cela se traduit par :
- des tensions musculaires,
- des troubles du sommeil,
- des pensées intrusives,
- une boule au ventre
- ou un cœur qui s’accélère,
parfois plusieurs jours avant d’avoir rouvert sa boîte mail.
Ce n’est ni de la dramatisation, ni un manque de volonté : c’est un mécanisme neurologique normal, simplement sur-sollicité par un contexte de travail qui, lui, ne l’est pas.
⚠️ Le sujet n’est plus marginal à l’échelle du pays : selon le baromètre WTW 2025 sur l’absentéisme en entreprise, les risques psychosociaux représentaient 36 % des arrêts longs en 2024, contre 32 % un an plus tôt (WTW, 2025). Ce n’est donc pas qu’une question individuelle. C’est un phénomène de fond, que les entreprises elles-mêmes commencent, doucement, à devoir regarder en face.
3️⃣ Les erreurs classiques (et pourquoi elles aggravent tout) 🙃
On les commet presque tous, moi y compris à une époque de ma vie professionnelle. Les voici, avec le « pourquoi » derrière chaque mécanisme.
❌ « Je vais tenir jusqu’aux prochaines vacances. » 👉 Le corps ne fonctionne pas comme un compte en banque qu’on rembourse d’un coup en février ou en août. Repousser l’échéance, c’est souvent aggraver la dette plutôt que l’annuler — un peu comme reporter sans cesse une facture qui, elle, continue de courir avec des intérêts. 💸
❌ « Ça va passer, c’est juste une mauvaise période. » 👉 Le déni retarde la prise en charge, et plus on agit tôt, plus l’accompagnement est court, léger et efficace. Une souffrance repérée en septembre se travaille souvent en quelques semaines. La même souffrance, ignorée jusqu’à l’épuisement total, peut nécessiter plusieurs mois, parfois un arrêt de travail — dont la durée moyenne atteint aujourd’hui 22 à 25 jours en France selon les derniers baromètres (WTW, 2025 ; Malakoff Humanis, 2026).
❌ « Je ne veux pas déranger, les autres ont pire que moi. » 👉 La comparaison de la souffrance ne soulage jamais personne, elle isole. Or l’isolement est justement un facteur aggravant reconnu du burn-out — on s’enferme dans le silence au moment précis où l’on aurait le plus besoin d’en parler. 🤐
❌ « Je vais changer de job, ça réglera tout. » 👉 Sans comprendre les mécanismes qui vous ont mené(e) là (sur-engagement, difficulté à poser des limites, environnement toxique, management défaillant…), on a de bonnes chances de reproduire le même scénario ailleurs, six mois ou deux ans plus tard, avec un autre logo sur la carte de visite. 🔁
4️⃣ Pourquoi la rentrée est (vraiment) le meilleur moment pour agir 🚀
Trois raisons très concrètes.
- 📸 Un point de comparaison encore frais. Le contraste entre le rythme des vacances et celui du travail est net, presque brutal, dans votre corps — c’est le moment où le signal est le plus lisible, avant que vous ne « rebasculiez en mode automatique ».
- 🆕 Un cadre naturel de changement. Nouveaux projets, nouveaux objectifs, parfois nouvelle organisation : c’est plus facile d’ajuster sa posture en même temps que tout redémarre plutôt qu’en plein mois de novembre, déjà à bout.
- 🔋 Encore de la ressource pour agir. Un accompagnement démarré en amont d’un épuisement sévère est presque toujours plus rapide et moins lourd qu’une prise en charge lancée en pleine crise, voire pendant un arrêt maladie.
5️⃣ Ce qu’un accompagnement psychologique peut changer 🛠️
Consulter un psychologue pour de la souffrance au travail, ce n’est pas « avouer un échec ». C’est se donner un espace neutre, confidentiel, pour :
- 🔍 Distinguer ce qui relève de vous (vos schémas, vos limites, votre difficulté à déléguer) et ce qui relève de l’organisation (charge de travail réelle, style de management, culture d’entreprise)
- 🗣️ Retrouver les mots pour nommer précisément ce qui se joue — souvent la première étape pour ne plus se sentir « fou/folle » ou « trop sensible »
- 🧰 Construire des outils concrets et transférables : savoir poser une limite sans culpabiliser, repérer les signaux avant-coureurs d’une rechute, réapprendre à récupérer réellement plutôt que de simplement « s’arrêter de travailler ».
- 🧭 Décider en connaissance de cause : rester en changeant certaines choses, ou partir — mais un choix éclairé, construit, pas une fuite dans l’urgence.
💡 Exemple concret : une personne que j’ai accompagnée, cheffe de projet dans l’industrie, avait pris l’habitude de répondre aux mails jusqu’à 22h 📱, « pour ne pas prendre de retard ». Trois séances plus tard, elle avait identifié que cette habitude ne réduisait en rien sa charge réelle — elle repoussait simplement l’angoisse du lendemain — et elle a mis en place une coupure nette à 19 h. Résultat, dans ses mots : « Le travail n’a pas changé. Moi, si. » Cette situation illustre la souffrance au travail liée au surmenage et au manque de frontière entre vie pro et vie privée. 🌱
L’accompagnement peut se faire entièrement à distance 💻, ce qui compte énormément pour les personnes déjà à bout : pas de trajet en plus dans un emploi du temps déjà saturé, une consultation possible sur la pause déjeuner ou en fin de journée, depuis chez vous ou même votre voiture sur un parking. 🚗
📁 Étude de cas (anonymisée)
Claire (le prénom a été changé), 42 ans, responsable RH dans une PME industrielle. Elle est arrivée en accompagnement fin août, après un été où elle n’avait « pas réussi à décrocher », le téléphone professionnel toujours à portée de main, y compris sur la plage 🏖️.
En trois mois de suivi, nous avons travaillé sur trois axes précis :
- 🎯 Identifier ce qui, dans son poste, relevait d’une surcharge structurelle (et non d’un manque d’organisation personnelle, comme elle le croyait initialement).
- 🚫 Retravailler sa difficulté à dire non, en particulier face à sa direction
- 🌿 Remettre en place des rituels de récupération réelle, parce que les vacances seules ne suffisaient plus à compenser.
Résultat :
- 😴 Une reprise de sommeil réparateur dès la sixième semaine.
- 🗣️ Une première conversation posée avec sa direction sur sa charge de travail.
- 💪 Et surtout — ce sont ses mots — « le sentiment d’avoir repris la main, au lieu de subir. »
💌 Vous vous reconnaissez ? Parlons-en.
Pas besoin d’attendre d’être au bout du rouleau pour consulter. Un premier échange téléphonique, sans engagement, de 30 minutes ☎️, permet de poser ce que vous vivez et de voir ensemble si un accompagnement a du sens pour vous.
À distance, partout en France, ou en présentiel à Houilles (78) et à La Madeleine-de-Nonancourt (27).
📚 Bibliographie
- EMPREINTE HUMAINE & OPINIONWAY, Baromètre de la santé psychologique des salariés en période de crises, 2022.
- FONDATION POUR LA RECHERCHE MÉDICALE, Burn-out : reconnaître l’épuisement et réagir, frm.org, 2024.
- INRS (INSTITUT NATIONAL DE RECHERCHE ET DE SÉCURITÉ), Épuisement professionnel ou burn-out, inrs.fr, 2024.
- MALAKOFF HUMANIS, 11e Baromètre Absentéisme, 2026.
- MANACORDA Mélissa, L’Anxiété dédramatisée, Piktos Poche, 2023.
- MASLACH Christina, JACKSON Susan E., Maslach Burnout Inventory Manual, Consulting Psychologists Press, 1981.
- ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ, Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), 2019.
- ROZENBLUM Johanna, Déconditionnez-vous !, Courrier du Livre, 2021.
- WTW (WILLIS TOWERS WATSON), Baromètre de l’absentéisme privé, 2025.
Pourquoi choisir le Cabinet RENAI’Sens ?

✅ +20 ans d’expérience en psychologie clinique
✅ Spécialiste en psychologie positive au travail (certifiée Experte praticienne)
✅ 33 avis patients ⭐⭐⭐⭐⭐
✅ Approche personnalisée et intégrative
✅ Flexibilité : distance ou présentiel selon vos besoins
Christelle CHOLLET - Psychologue clinicienne & Psychothérapeute - A Houilles et à distance - Cabinet RENAI'Sens
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